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Extrait de "348 jours en itinérance"

Nous avons repris notre progression et avançons, courbés sous l’enchevêtrement végétal, les lobélies géantes, posant parfois le genou à terre pour se glisser sous un arbre couché en travers du sentier. 

Chacun marche silencieusement, attentif aux sons qui émanent des buissons, craquements de branches, légers grognements... quand soudain notre groupe se fige : ils sont là, à huit-dix mètres de nous ! Instant magique, fascinant ! Une présence dont la puissance, le calme majestueux imposent un respect profond.  Au début, il faut se focaliser pour discerner la forme d’un corps dans l’inextricable chaos de bambous et d’orties, puis le regard accroche une tête et deux yeux noirs qui vous dévisagent… je frissonne d’émotion !

Les guides nous facilitent ce moment unique en écartant les branches, nous faisant passer dans les trouées verdoyantes, sous les feuilles ruisselantes des céleris sauvages. Les gorilles de montagne sont extrêmement intelligents, dotés d'un bon caractère : tous savent que nous sommes là, ils nous sentent, nous observent aussi.